Pourquoi l’haleine a parfois mauvaise odeur ?
Pour qu’une molécule soit odorante, il faut qu’elle parvienne jusqu’au nez – le nôtre ou celui des personnes auxquelles nous parlons. La mauvaise odeur est donc avant tout une molécule volatile. D’ailleurs, avec le port généralisé du masque, de nombreuses personnes se sont rendu compte qu’elles souffraient d’halitose, ce dont elles ne s’étaient jamais aperçues auparavant. Cela s’explique par le fait que le masque retient l’air expiré par la bouche et le renvoie vers notre nez, et non pas dans l’air ambiant ou vers le nez de la personne en face de nous.
Pourquoi l’air expiré par la bouche est-il parfois malodorant ?
Les coupables sont connus sous les initiales CVS, pour « composés volatils soufrés ». Il s’agit de trois gaz :
- le méthyl mercaptan (CH₂SH). Ce gaz dégage une odeur qui rappelle celle de l’ail.
- le sulfure d’hydrogène (H₂S). C’est sans doute le composé volatile soufré ayant l’odeur la plus désagréable, puisque c’est celle qui se déploie lorsque l’on casse un œuf pourri.
- le diméthylsulfure ((CH3)2SH). Ce CVS libère une odeur de chou. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise odeur – à part sans doute lorsqu’elle provient de l’haleine d’autrui.
Dans une haleine normale, ces gaz sont présents à de très faibles concentrations. Ils se diluent dans la salive et sont déglutis, ce qui ne provoque pas de mauvaises odeurs. Ils entraînent de l’halitose lorsqu’ils sont présents en trop grande concentration dans l’air expiré.
D’où viennent les composés volatils soufrés ?
Les CVS sont issus de la dégradation des protéines contenues dans les résidus d’alimentation et dans la salive par les bactéries anaérobies (c’est-à-dire dont le métabolisme ne nécessite pas l’emploi d’oxygène). Or les bactéries anaérobies se cachent :
- dans la plaque dentaire, et en particulier dans le tartre minéralisé sur les dents, constitué de résidus alimentaires et de cellules mortes dont les bactéries anaérobies sont friandes.
- sur le film présent sur la langue. Le dessus de la langue est un paradis pour les bactéries, notamment lorsque la langue y est au repos. Elles peuvent s’y développer en toute tranquillité, et profiter des protéines du film lingual pour croître et se multiplier. En effet, la salive y joue peu son rôle antibactérien, et l’anatomie de la langue, en creux et papillée en surface, protège les bactéries.
- en dessous des prothèses dentaires, là où il est difficile de chasser les bactéries simplement en se brossant les dents.
- dans les caries profondes, où les bactéries se nourrissent de la dentine et de la pulpe dentaire pour proliférer.
- dans les poches parodontales, les espaces créés entre la gencive et la dent par la destruction du parodonte dans le cadre d’une maladie parodontale. Les bactéries qui attaquent le parodonte s’accumulent dans ces poches, et sont impossibles à éliminer avec un simple brossage.